Amandier fleuri- Tunisie ( photo de Lucien)

                                                                                                             De Tunisie et d'ailleurs

 

                                                                                                                                                                                                                                                                   

Accueil

Le printemps des poètes en Tunisie

Forum

Photos anciennes  de Tunisie

Tunisie de nos parents

L'art Berbère en Tunisie

Plantes de Tunisie

Surprises animales de Tunisie et d'ailleurs

Des cailloux de Tunisie et d'ailleurs

Aïd en Tunisie

La Ghriba

Mateur et mes souvenirs

Portraits

Portes de Tunisie et ailleurs

Architecture jerbienne

Une place de Tunisie

Archéologie

Les souks libyens

Le thé en Tunisie

Comparaisons

Couleurs du nord

Balade sur le jbel Ishkeul

Dans la forêt de Kroumirie

Des odeurs de Tunisie

Pêche au corail à Tabarka

Aide au développement dans le sud

Autour d'une photo

 A Lyon...

A Manosque

A Bordeaux...

Bateaux-lavoirs de Laval

Les voyages de Rosalie

En Alsace

Couleurs à Belle île en mer

Voyage dans le temps : Vaison la Romaine

Peintures en trompe l'oeil

Nos recettes

Mots d'enfants

Evènements de notre enfance

Des objets et des mots de notre enfance

Des livres

Nos textes, à propos de Tunisie et d'ailleurs

 

Livre d'or

D'autres sites

 

Page 1 : architecture des mosquées de Jerba

Page 2 : Le palais Ben Ayed

Page 3 : les ateliers de tisserands

Page 4 : les poteries de Guellala

Page 5 : Les fondouks d'Houmt souk

Page 6 : architecture militaire : les Bordjs de jerba

Architecture des mosquées de Jerba.

 

Certains disent qu'il y a,  à Jerba, autant de mosquées que de jours dans l'année. C'est peut-être vrai, je ne les ai pas comptées et ne les connaît pas toutes, mais, au cours de mes nombreuses promenades dans cette île si belle, j'en ai rencontré beaucoup et je les ai admirées pour leur simplicité et la sérénité qui en émanait, pour l'audace architecturale des bâtisseurs d'autrefois, pour leur originalité parfois. Je les ai beaucoup photographiées  photographiées et parfois peintes. Jean Duvignaud et Habib Boularès, dans leur ouvrage " Nous partons pour la Tunisie" disent d'elles :" Toutes les mosquées ( de l'île) méritent la visite : leur architecture , et surtout celle des minarets cylindriques et pointus, est unique en Tunisie." Les influences ayant été diverses et nombreuses, les bâtisseurs de ces mosquées les ont adaptées aux rites pratiqués ici ou là : malékite, ibadite ou hanéfite... Je ne saurais dire laquelle exprime tel culte ou tel autre culte. Elles sont toutes belles.

mosquée de Bou Messouer, sur la route de l'aéroport, près de Melita, si blanche qu'elle en est éblouissante., mystérieuse, aussi, derrière sa grille bleue :. A quoi servait ou sert encore cet espace : tellement paisible et propre au recueillement ?

Celle là, une mosquée turque, est ocre-rose, à l'extérieur comme à l'intérieur, toutes les dépendances le sont aussi . Un soir, alors que le soleil se couchait, nous sommes tombés sur cette magnifique mosquée de Sedriane . ce soir là, j'ai trouvé que l'homme savait être proche de Dieu ou des Dieux. Loin de toute habitation, perdu dans l'olivaie, ce mausolée dépassant à peine le sommet des arbres, avait attiré notre attention : il a un escalier comme toutes les mosquées, mais n'a pas de minaret et des hommes ont été enterrés sous ses voûtes , entre les belles arcades.  .

Modeste mais si lumineuse, un hymne à la lumière !

Chaque mosquée a son cimetière, où poussent herbes sauvages et chardons, pas de fioritures pour accompagner les morts : la paix de la campagne et l'ombre des murs de la mosquée.

Une mosquée peut aussi limiter le terrain de jeu des adolescents et des enfants.

Beaucoup de petites mosquées de la campagne jerbienne se sont vu ajouter un très haut minaret, ces dernières années.

   Blanc des murs et bleu des portes, je devrais dire " bleus".

Surprises : des découpes peu banales du ciel  entre courbes et lignes droites.

   mosquée utile, elle fournit de l'eau de citerne à tous ceux qui n'ont pas de "fesguia".

Le comble de la sérénité lié à l'architecture et à la situation de la mosquée, je l'ai trouvé à Sidi Jmour, au bord de la mer :          Paysage classique en Tunisie : un minaret émergeant au dessus des oliviers. La  mosquée très simple de Sidi Mansour, dans la banlieue d'Houmt Souk.

ce n'est pas une mosquée, mais seulement un  marabout sous lequel repose un sage. J'ai souhaité que ce paysage reste tel qu'il était quand je l'ai découvert pendant des siècles encore, mais, la zone touristique n'était qu'à quelques kilomètres....

Parler de mosquées, c'est évoquer le muezzin qui lance l'appel à la prière du haut du minaret.

Les hauts parleurs qui remplacent le muezzin défigurent parfois l'architecture d'une mosquée.

Lucien a écrit ce beau souvenir de l'appel à la prière lancé du haut des montagnes de Kroumirie, plus hauts qu'un minaret, plus naturels aussi :

"J'ai vécu neuf ans à Jerba. J'ai vu le reportage de Gisèle et je pourrais le signer tel quel. Que de fois je m'arrêtais pour voir ces mosquées si différentes et si semblables. (un regret, les hauts parleurs)
Et cela me fait remonter un vieux souvenir que j'entends encore. L'été 1947, en vacances chez mes parents en pleine forêt, à près de 2O km d'Aïn Draham, au jebel Adissa. Le soir, le soleil a déjà disparu derrière la crête de la montagne, il ne fait pas encore nuit. Le calme, le silence, pas un nuage au ciel, juste le chant de quelque oiseau, le cri d'un chacal auquel répond le chien du douar.... c'est la Ramadan... on attend... pas de muezzin, pas de mosquées, la montagne est parsemée de marabouts et tout à coup, dans le  silence, du haut d'un sommet de la montagne l'appel à la prière, un homme, à pleins poumons,lance l'appel à la prière, annonce la rupture du jeûne et en écho, le chant est repris par un autre homme sur l'autre mont et de sommet en sommet se répercute ce chant dans toute la montagne. Ces voix qui vous appellent, vous interpellent, je les ai entendues chaque soir du Ramadan je les attendais et l'émotion était chaque soir la même. Aujourd'hui j'y pense encore. La montagne, la forêt, la prière, le ciel, tout ne faisait qu'un.
Excusez moi de me laisser aller, je le fais avec l'ampleur du souvenir. Voilà pourquoi les hauts parleurs des minarets me gênent. J'oubliais de dire que les transistors n'avaient pas encore envahi la forêt.
Un jour, à Kairouan, j'ai entendu, vers midi, l'appel à la prière, à la voix humaine, du haut du minaret de la grande mosquée et je n'ai pas pu m'empêcher d'y répondre intérieurement."