Amandier fleuri- Tunisie ( photo de Lucien)

                                                                                                             De Tunisie et d'ailleurs

 

                                                                                                                                                                                                                                                                   

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Art berbère en Tunisie :

                                                                                Deux  descendantes de Berbères photographiées à Sejnane

 

Les Berbères occupaient tout le Maghreb avant les invasions arabes des  6ième et 7 ième siècle avant JC. Ils avaient déjà connu l’arrivée sur leurs côtes des Phéniciens et des Romains, mais, ces deux peuples n’avaient occupé que des comptoirs côtiers ou de grands centres dans lesquels ils vivaient entre eux, laissant les Berbères vivre leur vie de Berbères. (Ce sont les Romains qui désignaient ces peuplades indigènes comme étant des barbares, les tribus autochtones s’appelaient les Imazighen, Amazigh au masculin singulier et Tamazigh au féminin singulier : homme ou femme libre en langue berbère.)

Sur toute la surface du Maghreb, mais aussi du Sahara, jusqu’en Mauritanie, ces Imazighen ont développé une culture très riche qui subsiste dans bien des endroits : La Kroumirie et le sud de la Tunisie, notamment à Jerba où la langue berbère reste la langue maternelle des enfants de Guellala.

L'architecture des Ksour

Les Berbères des villages ont su développer une architecture particulière au sein de leurs villages du sud comme à Chenini ou Douiret, mais, les ghorfas des ksour reste la plus étonnante : Ce ksar de Jouama est constitué d'un empilement de ghorfas, greniers à blé, orge, dattes ou olives. On accèdait aux ghorfas supérieures par d'étroits escaliers dont l'escalade était plutôt périlleuse. Chaque ghorfa est une pièce voûtée, aérée par une petite fenêtre donnant vers l'extérieur de ksar ( Toutes les portes d'entrée s'ouvrent sur une cour intérieure, le ksar n'offre au regard de celui qui est au pied du piton rocheux sur lequel il a été bâti qu'un mur lisse percé de fenestrons) Ghorfa de ksar Jouama restaurée pour accueillir les touristes qui ont faim. Un des deux ksour qui dominent Toujane, ksar malheureusement en ruine. On voit bien que la situation extrême de ce ksar est destinée à mettre à l'abri des pillages les précieuses marchandises péniblement accumulées par les habitants du village berbère.

Les ghorfas pouvaient être décorées de signes qu'on retrouvera sur les tapis ou les poteries ou encore, les bijoux et les tatouages  :   Décor en relief dans l'argile qui enduit le mur de la ghorfa. Des signes anthropomorphiques peuvent se mêler aux dessins géométriques le plus souvent utilisés : La silhouette d'un homme est visible. Là, ce sont des pieds, ailleurs, des mains.

Les tapis

Qu'ils soient tissés à Toujane ou à Oudhref, les tapis berbères portent des motifs assez semblables : des losanges, des triangles, des représentations animales stylisées comme la gazelle, le poisson ou l'homme. petit tapis de Toujane. autre motif décoratif d'un tapis de Toujane : les gazelles. Décor berbère pour un haïk ( voile) de mariée de la région de Toujane. Décor d'un tapis d'Oudhref. Dessus de chaise de haute laine réalisé dans l'atelier de tissage des religieuses d'Aïn Draham : elles s'inspiraient des motifs berbères qu'elles relevaient sur les batons sculptés par les bergers de Kroumirie.

Les poteries

Les poteries berbères de la région de Sejnane sont l'oeuvre des femmes, elles sont fabriquées à partir de colombins de terre qui sont ensuite raclés pour former une surface lisse  décorée à l'aide de terres colorées rouges, ocres et blanches, de décoctions d'écorces de pins. Ces poteries sont cuites de façon rudimentaire dans des fours de terre, elles restent très fragiles et délicieusement naïves. Les décors sont les mêmes que pour les tapis : , , . On trouve aussi des dessins d'animaux et des formes nouvelles telles que cette "poupée" de terre : . A Jerba, dans le village de Guellala, on fabrique encore des poteries telles qu'on les faisait avant les invasions arabes, j'en ai retrouvé deux particulièrement belles : et .

Les bijoux

Sur les bijoux d'argent, les motifs géométriques abondent : bracelet posé sur un napperon aux motifs d'inspiration berbère brodé dans l'atelier des religieuses d'Aïn Draham. Double bracelet d'argent.

Le bois sculpté

Des meubles, notamment des coffres berbères présentent les motifs traditionnels, géométriques de l'art berbère. J'ai acheté chez un antiquaire de Tataouine cette belle et antique mesure à céréales, probablement : dont voici le décor typique: .

Les tatouages des femmes sur le front, le menton, la poitrine, rappellent aussi les mêmes motifs, enfin, les mains et les pieds des jeunes femmes qui vont se marier sont décorés à la "henna" ( au henné) en utilisant souvent les damiers, les losanges et les triangles. Certains scientifiques se demandent même si ces motifs ne peuvent être assimilés à une forme d'écriture, c'est l'impression que j'ai eue en les découvrant sur les parois des ghorfas de ksar Jouama : des signes chargés de sens, mais d'un sens qui m'échappait complètement.