Amandier fleuri- Tunisie ( photo de Lucien)

                                                                                                             De Tunisie et d'ailleurs

 

                                                                                                                                                                                                                                                                   

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                                Un exemple d'aide française au développement tunisien

 

Il s'agit d'une aide au développement de la pêche (dépendant de l'agriculture, en Tunisie) dans le gouvernorat de Médenine. Cette aide provient du ministère de l'intérieur français et elle est attribuée via des ONG françaises dont une de l'Hérault  à des associations tunisiennes, de Jerba, d'Ajim, plus précisément, et d'El Grin, sur le continent. La ville de Montpellier étant jumelée avec Ajim, le conseil général de l'Hérault est partie prenante dans cette aide au développement. Le coordinateur entre tous ces organismes et les pêcheurs est Abdelouaheb Bouslama, sans arrêt sur la brêche, entre Ajim, El Grin, Médenine, Montpellier, persuadant les uns et les unes d'agir pour protéger les ressources ( et, c'est très difficile car les contrôles gouvernementaux sont trop faibles), leur montrant comment, en France, des regroupements fonctionnent pour plus d'efficacité, expliquant et défendant des projets auprès des responsables des fonds en France. Malgré toutes les difficultés, des améliorations sont réalisées, que j'ai pu me faire expliquer lors de mon dernier passage à Jerba.

- A Ajim :

De nombreux pêcheurs ont obtenu des microcrédits afin de pouvoir acheter de petites barques et des filets. Pour repeupler les fonds marins , des structures de béton ont été réparties  en grand nombre ici et là, entre Jerba et le continent : les poissons viennent y pondre et ces structures deviennent des nurseries bien utiles et appréciées des poissons comme des pêcheurs..

- A El Grin  : Pour aller à El Grin, on traverse le bras de mer qui sépare Jerba du continent au Jorf puis on prend la route de Médenine, enfin une belle piste qui nous ramène vers la mer, vers le joli petit port de pêche d'El Grin.

et vers la grande étendue verte qui sépare la mer du plateau planté d'oliviers : une hamada, m'a dit Abdelouaheb !

Au delà de cette étendue verte, dans de la vase régulièrement recouverte par la marée, les clovisses pullulent (et les flamants roses). Ce sont les femmes des environs qui ramassent ces clovisses que des acheteurs viennent collecter en camionnettes. Ces femmes ont été regroupées en une association qui bénéficie de l'aide de l'Hérault.

Ainsi, grâce aux fonds français, un vieux bâtiment vient d'être restauré pour devenir un centre de pesée des palourdes, qui rendra les femmes moins dépendantes des acheteurs intermédiaires.

Une vieille citerne vient également d'être remise en état afin d'aider les familles de pêcheurs des environs à trouver de l'eau même en période de sécheresse.

Les collecteurs de clovisses viennent également chercher les femmes qui les ont pêchées moyennant un dinar par femme : son essence est vite amortie !

- Aide à la fabrication de couffins, toujours à El Grin

Une jeune femme, appelons-la Fatma, a quitté sa famille très pauvre de cette région, elle s'est rendue à Gabès où elle a appris la fabrication de couffins en joncs, spécialité de la ville. revenue chez elle, elle a été bénéficiaire d'u microcrédit avec lequel elle a acheté une réserve de joncs de Kébili, des métiers, de la corde et du fil de fer et elle s'est lancée dans la fabrication de couffins en formant trois ou quatre femmes à ce métier. Une femme peut faire un couffin par jour qu'elle peut vendre à 7 dinars. C'est peu, c'est même très peu ( moins de quatre euros) mais, c'est un complément de revenu qui s'ajoute au produit de la pêche des maris et à la vente des olives...Pour rembourser son crédit, Fatma demande la moitié de la production pour elle.

Et voici Abdelouaheb s'enthousiasmant à expliquer au papa de Fatma que sa fille peut prendre l'initiative de varier les productions : caches de bouteilles, portes crayons...J'ai suggéré que, pour ces objets décoratifs, il faudrait peut-être revenir aux cordes d'alfa, moins solides mais plus jolies que le fil de nylon jaune.

J'ai éprouvé beaucoup d'admiration pour ces paysannes qui cherchent à s'en sortir à tout prix, pour l'enthousiasme d'Abdel, pour tous ces gens de l'Hérault qui croient à ces mini-projets et mettent tout en oeuvre pour que cette région tellement déshéritée émerge tout de même.