Amandier fleuri- Tunisie ( photo de Lucien)

                                                                                                             De Tunisie et d'ailleurs

 

                                                                                                                                                                                                                                                                   

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    Balade sur le jbel Ishkeul

Depuis  mon séjour à Mateur, je rêvais d'aller un jour explorer cette belle montagne que j'apercevais de la campagne environnant la ville, qui m'apparaissait parfois émergeant  d'une nappe de brouillard, le lundi matin, quand je revenais d'Aïn Draham, comme sur un dessin japonais. C'était en 1959 et 1960. Il m'a fallu attendre 2011 pour réaliser ce rêve et la réalité que j'ai trouvée lors de cette balade s'est montrée à la hauteur de mes espérances :  Tout est beau sur ce mont, tout est propre, pur, originel parfois. Ce fut un grand moment de bonheur !

En arrivant à proximité du jbel, jellil ( mon ami et mon guide) a pris en stop un vieux monsieur habitant sur le mont : un retraité des carrières de marbre dont on n'extrait plus rien depuis que  l'UNESCO a classé ce site magnifique (lac et montagne) sur la liste du patrimoine mondial des paysages naturels ( vers 1980) J'apprenais ainsi que la tache claire que j'avais repérée  à flanc de montagne, sur la pente sud-ouest était une  ancienne carrière de marbre.

Nous voilà au pied de la montagne ( 511 m) et nous obtenons l'autorisation de la parcourir et l'escalader d'un garde qui nous fait signer un cahier. Il y a peu de signatures précédant la nôtre.

Nous nous engageons à pied sur la piste.

Oliviers sauvages se découpant sur le ciel bleu. Magnifique !

Au détour de la piste, nous découvrons des murs de pierres sèches et des gourbis, comme autrefois ! je pense qu'ils ne servent plus qu'aux animaux , des chèvres et des poules.

 

Les pentes basses sont couvertes d'oliviers plantés, eux, me semble-t-il.

 

les taches vert clair sont des figuiers de barbarie ( hendi ) très desséchés mais portant tout de même des fruits.

Un escalier s'offre à nous qui va nous permettre de gagner ( presque) le sommet du mont.

L'escalier ( dur à grimper) est bordé de lentisques aux beaux fruits rouges.

En haut de l'escalier, un petit musée est ouvert : il est gardé par deux gardes forestiers qui observaient le lac avec une longue vue qu'ils ont mise au point pour nous sur une colonie de foulques et une autre de flamants roses.

 

Par les fenêtres de ce petit musée, nous découvrons des vues splendides et dans les diverses pièces, nous apprenons tout sur la végétation du mont et sur sa faune : nous aurions pu rencontrer des loutres au bord de l'eau,  des espèces rares d'oiseaux, des tortues et même, dans des temps très, très anciens ( 2 millions d'années) des éléphants, des rhinocéros et des girafes. Nous n'avons vu qu'un adorable chaton élevé par les gardes forestiers et qui a beaucoup apprécié mes caresses et un rhinocéros " statufié".

Nous aurions aussi pu cueillir des câpres, des baies de genièvre...

Nous sommes redescendus par une piste qui tourne du flanc nord est vers le pied sud-est du jbel et là, des vues magnifiques nous ont enchantés. En voici quelques unes :

Nous avons vu un endroit marécageux où les buffles de l'ishkeul viennent patauger quand l'oued Joumine,  qui se déverse dans le lac en hiver,  avec l'oued Tinja, est à sec.

Au cours de cette descente, j'ai pu observer les roches qui composent le jbel : des calcaires parfois ocres, parfois bleus, veinés de calcite brillante. on a pu y ramasser des morceaux d'obsidienne, roche volcanique, mais il a ét démontré que ces cailloux avaient été apportés là par les hommes venus de l'île de Pantelleria, il y a 3000ans.

Au pied du mont, nous avons retrouvé les vieilles installations thermales où les gens venaient " prendre les eaux" ( la roche très poreuse du jbel  permet l'infiltration des eaux de pluie. cette eau descend à de grandes profondeurs et s'enrichit en minéraux tels que le soufre et des sels. Ensuite, réchauffée à plus de 40 degrés, elle remonte et jaillit en sources thermales au pied de la montagne .  extrait du fascicule fort bien fait qui m'a été donné à l'entrée du parc.)

  hammam Ben Abbes.

En quittant le site du mont Ishkeul, nous sommes passés devant le petit cimetière des soixante familles vivant sur le mont, un cimetière où il fait bon reposer à l'ombre des oliviers, dans le calme et la sérénité de ce lieu sans voitures.