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De Tunisie et d'ailleurs
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Mateur, au fil de mes souvenirs.
J'ai enseigné à Mateur pendant l'année scolaire 1959-1960, je viens d'y retourner en septembre 2012 et je m'y suis longuement promenée pour apprécier les changements de cette cité qui m'était apparue comme un gros bourg agricole où beaucoup de gens étaient très pauvres. Au coeur de la ville se dressaient de beaux immeubles à un ou deux étages , avec des balcons courant le long des façades, avec de belles corniches au niveau des terrasses, des devantures de magasins occupaient les rez de chaussée mais, le souk n'était qu'un espace de terre battue couvert de planches et de toiles grises, de jeunes mendiants en robes sales s'agglutinaient sous les porches et, parfois, couraient derrière la calèche qui amenait Madame Rossel car elle leur jetait des bonbons, un village de gourbis de terre s'étalait sur la pente d'une colline, dont les murs " fondaient comme du chocolat " quand il pleuvait, obligeant les habitants à reconstruire leurs clôtures très souvent. C'est une de mes élèves d'alors, Mhénia" qui m'avait emmenée chez elle, dans l'un de ces gourbis, et m'avait raconté leurs difficultés. Il y avait, à cette époque, plusieurs écoles, les unes de filles, les autres de garçons et beaucoup d'enfants étaient scolarisés : nous avions des classes bien remplies d'enfants dociles qui avaient une grande envie d'apprendre. Voilà l'image que j'ai gardée au fond de ma mémoire de cette année passée à Mateur. Et aujourd'hui ? Munie de mon appareil photo, je retrouve les rues que j'avais connues encombrées de charrettes tirées par des ânes et qui, maintenant sont toujours aussi encombrées, mais de voitures de toutes sortes
On voit que ces rues n'ont rien pour attirer les touristes : Mateur est restée une ville de la Tunisie profonde où la richesse ne s'expose pas. Le village de gourbis n'existe plus et sans doute depuis longtemps car personne ne s'en souvient.
Le souk était partout, lors de mon passage et je n'avais jamais vu autant d'étalages de chaussures, neuves et d'occasion.
Beaucoup d'immeubles neufs ont été construits mais, l'ensemble m'a semblé assez désordonné. Là, un habitant, nous voyant un peu perdus, s'est proposé pour nous renseigner très aimablement : nous cherchions l'école où j'avais enseigné.
Voilà l'école de filles qui était autrefois dirigée par Madame Rush, école qui fut pimpante et parfaite- C'était une école de garçons tenue par Monsieur Oumayeur qui mettait les appartements du premier étage ment blanchie : le premier étage était un bel appartement de fonction. à la disposition de jeunes enseignantes dont je fus pendant quelques mois. cette école fonctionne toujours et m'a semblée bien entretenue.
Voilà une de ces belles demeures d'autrefois qui semble ne plus appartenir à personne !
J'ai retrouvé avec émotion la voie ferrée abandonnée qui me conduisait tous les samedis vers Aïn Draham et la gare où le chef de gare accepta, pendant un an, de retarder le départ du train de trois minutes pour que la jeune institutrice que j'étais puisse, après la fin de la classe, arriver jusqu'à la gare et monter dans le train. Il semble, au travers de ces images, que Mateur n'ait rien de bien poétique et pourtant :
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