|
De Tunisie et d'ailleurs
|
|
Le printemps des poètes en Tunisie Surprises animales de Tunisie et d'ailleurs Des cailloux de Tunisie et d'ailleurs Aide au développement dans le sud Voyage dans le temps : Vaison la Romaine Des objets et des mots de notre enfance Nos textes, à propos de Tunisie et d'ailleurs
|
Quelques aspects de la Tunisie de nos parents et grands parents. (reportage de Marie Rose)
La pêche aux thons, à Sidi daoud LA PECHE AUX THONS A SIDI-DAOUD Une côte favorable permet à la Tunisie de se livrer à la pêche. Elle occupe 14.000 pêcheurs (plus que l’Algérie et le Maroc réunis) dont les 9/10è sont tunisiens. Ils pratiquent la pêche au chalut, qui produit une étonnante variété de poissons et surtout la pêche au thon (en mai et juin). 8 000 à 10 000 thons sont, chaque année, capturés à Sidi-Daoud. Par ailleurs, le golfe de Gabès est un lieu de cueillette d’éponges dont la Tunisie exporte annuellement 100 à 180 tonnes. Produits de la pêche et huile d’olive ont amené la création de conserveries de poisson qui, en 1950, ont exporté plus de 3 000 tonnes
Tissage des couvertures LA FABRICATION DES COUVERTURES L’élevage fournit à la fois des peaux et de la laine. Aussi l’artisanat du cuir, des tapis et des couvertures est-il très répandu. S’inspirant de l’exemple marocain, l’ Office des Arts Indigènes contrôle la qualité des tapis produits dans les petits ateliers familiaux (60 000 m2 de tapis en 1948) et, dans le cadre de l’enseignement technique, s’emploie à la formation d’artisans qualifiés. On voit ici un artisan tunisien devant son métier
Chargement de l'alfa sur le train, ligne de Sfax à Gafsa CHARGEMENT D’ALFA SUR LA LIGNE DE SFAX A GAFSA L’alfa couvre en Afrique du Nord 7.500.000 hectares de steppes dont 1.200.000 en Tunisie. Pour les semi-nomades des steppes, la cueillette de l’alfa est une ressource précieuse et la Tunisie en produit de 100.000 à 150.000 tonnes par an. Mis en balles, l’ alfa, grâce à la voie ferrée qui traverse la steppe, est dirigé vers le port d’embarquement de Sfax. Les exportations d’alfa portent sur la presque totalité de la production et jusqu’à présent les 9/10è sont exportés vers la Grande-Bretagne.
Troupeau de moutons traversant un oued TROUPEAU TRAVERSANT UN OUED La presque totalité du cheptel tunisien (sauf en ce qui concerne les mulets) appartient aux indigènes. L’élevage en Tunisie, comme dans les deux autres territoires, est en effet la principale ressource des nomades ou semi-nomades des plaines ou des steppes. Ce sont essentiellement les ovins (dont le nombre est en régression par rapport à 1938) et les caprins qui constituent l’essentiel des troupeaux. Comme les productions agricoles, l’élevage subit l’influence du climat et particulièrement de la sécheresse. Celle de 1945 par exemple a réduit le troupeau ovin de 3.323.500 têtes en 1944 à 1.788.200 en 1946.
Aqueduc antique de Zaghouan à Carthage LES RUINES DE L’AQUEDUC ZAGHOUAN-CARTHAGE Des trois pays d’Afrique du Nord, la Tunisie est la plus pauvre en eau. 15 % seulement de son territoire reçoivent, en moyenne, plus de 450 millimètres d’eau par an. Le problème de l’alimentation en eau potable des agglomérations n’est donc pas nouveau et les Romains (qui occupèrent la Tunisie près de cinq siècles) avaient résolu le problème de l’adduction d’eau de la région de Carthage par la construction d’un immense aqueduc qui, long de 132 kilomètres, reliait la ville aux sources du Djebel Zaghouan, véritable château d’eau de la Tunisie. Le Zaghouan, jusqu’en 1905, resta d’ailleurs la principale source d’eau potable de la ville de Tunis, grâce aux anciens aqueducs restaurés en 1860. On voit ici les ruines du grand aqueduc dans la vallée de l’ Oued Miliane.
culture des oliviers dans la plaine de l'Enfida. CULTURE D’OLIVIERS DANS L’ENFIDA De 8 millions en 1882, le nombre des oliviers tunisiens est passé à 25 millions en 1950, doublant dans le Sahel, le centre et le nord et quintuplant dans le sud où a été plantée la célèbre forêt d’oliviers de Sfax. La Tunisie occupe aujourd’hui, pour le nombre des arbres, le premier rang en Afrique du Nord et le sixième rang dans le monde. Elle est même au troisième rang mondial pour la production oléicole (100.000 tonnes) et au second pour l’exportation (77.000 tonnes). Cette place de choix a pu être obtenue grâce à une politique rationnelle de plantations et d’entretien systématique et à la substitution de 2.000 huileries modernes aux méthodes primitives d’extraction de l’huile. Le domaine des olivettes a été conquis sur la steppe grâce à une technique de culture sèche parfaitement au point. Sur le domaine ci-dessus, les plantations d’oliviers alternent avec des champs de céréales.
Kairouan, ville sainte de l'Islam KAIROUAN VILLE SAINTE DE L’ISLAM Parmi les villes tunisiennes, Kairouan (33.000 habitants) occupe une place à part, celle d’une ville sainte. Etablie au cœur d’une région à demi désertique elle est dotée de nombreux monuments. La ville musulmane ancienne, la médina, est entourée d’une muraille ininterrompue restaurée entre 1705 et 1712. A l’un des angles de cette médina s’élève (ci-dessus) la grande Mosquée dont les parties les plus anciennes datent du XIè siècle. Hors de l’enceinte ont été construits des faubourgs d’une superficie à peu près égale à celle de la médina. Chaque année Kairouan reçoit la visite de nombreux pèlerins. La Médina de Kairouan présente le type habituel de la plupart des villes d’ Afrique du Nord dans la mesure où elles ont conservé leur aspect primitif. Ce sont des villes où la vie, face au désert et aux nomades jadis souvent hostiles, s’est concentrée à l’intérieur d’une enceinte. Seules quelques cultures ont été établies hors du mur fortifié.
Phosphates à Metlaoui LES PHOSPHATES : METLAOUI-PHILIPPE THOMAS C’est en 1885 qu’un vétérinaire de l’armée, Philippe Thomas, découvrit les gisements de phosphates dans le Sud Tunisien. Depuis, d’autres gisements d’une grande richesse ont été découverts. Mais les phosphates tunisiens présentent deux inconvénients graves : leur faible teneur (60 % environ) et la distance qui sépare les sièges d’extraction de la mer. Pourtant en 1948 la Tunisie, avec 2 millions de tonnes (18 %) de la production mondiale, tenait le premier rang en Afrique du Nord et le deuxième dans le monde. Depuis, la production des phosphates marocains à haute teneur a fait reculer la production tunisienne à un peu plus 1.500.000 tonnes en 1950. On voit ici le centre de Metlaoui et le port d’embarquement de Sfax (243 km). Centre purement industriel, Metlaoui s’élève au milieu d’une région désertique.
Point d'eau dans l'oasis de Gafsa Dans le Sud Tunisien la vie se concentre autour des points d’eau et sur les rives des oueds. A 345 mètres d’altitude, Gafsa est une ville de plus de 11.000 habitants qui domine l’ Oued Baïech et une oasis de 100.000 arbres environ. La culture du palmier dattier forme l’activité essentielle des habitants du Sud Tunisien et la Tunisie compte environ 2.800.000 palmiers dattiers dont 1.800.000 en pleine production.
Labourage indigène LABOURAGE INDIGENE DANS LA REGION D’ENFIDAVILLE Pour la campagne 1951-1952, les quatre céréales principales occupaient 1.660.000 hectares (dont 1.383.000 cultivés par les Tunisiens). En 1951, la récolte globale fut de 3.750.000 quintaux. En surface cultivée et en production, le blé dur compte pour environ 50 % et l’orge pour 40 % en surface et 15 % en tonnage. Un problème de mécanisation se pose car la charrue indigène, tirée par un chameau, ne peut suffire à entamer profondément le sol. Le laboureur ci-dessus, qui a conservé la traction animale, utilise toutefois une charrue métallique légère, plus maniable que la charrue indigène en bois.
Le marché de Gabès GABES – LE MARCHE Au souk rural, centre d’activité principal des campagnes, correspond dans les villes, le marché, soit couvert comme les souks de Tunis, soit, comme ici, installé en plein air. Au centre d’une région de cultures irriguées et à proximité des steppes où vivent les semi-nomades, Gabès est un lieu d’échanges nombreux, qui groupe les activités des agglomérations voisines. A elle seule, Gabès compte 22.500 habitants.
Tunis, la médina et la ville européenne TUNIS Tunis (364.000 habitants dont 119.200 européens) offre l’exemple rare et remarquable d’une ville moderne bâtie en dehors, mais cependant à côté, de la ville arabe. Cette dernière, la Médina, présente un type de maisons classiques, à terrasses et cours intérieures, étroitement serrées et que dominent les coupoles et les minarets de nombreuses mosquées. Des ruelles tortueuses s’insèrent entre les blocs de maisons. La ville européenne s’est bâtie entre la Médina et le lac de Tunis qui, long de 10 kilomètres environ sépare Tunis de la côte. Le port artificiel de Tunis est relié au port de la Goulette (sur la mer) par un chenal visible à l’arrière-plan) bordé de digues et accessible aux navires. On voit ici l’artère principale de Tunis : au premier plan, la porte de France d’où, par l’avenue de France, on rejoint la place de la Résidence (au centre, plantée de palmiers) puis, par l’avenue Jules-Ferry, les bords du lac. Les deux artères sont longues, au total, de 1.500 mètres. VARIATION DE LA POPULATION TUNISIENNE DEPUIS 1926
Population européenne Population autochtone Total
1926 173.000 1.986.000 2.159.000 1931 193.000 2.217.000 2.410.000 1936 213.000 2.395.000 2.608.000 1947 240.000 2.991.000 3.231.000
POPULATION DES VILLES DE PLUS DE 20.000 HABITANTS (Chiffres de 1946)
Commune / Population Population européenne Population non européenne Municipalité totale Française Etrangère Originaire du territoire Autre
Tunis 364.593 66.422 52.800 223.586 21.785 Sfax 54.637 6.185 2.449 45.419 84 Bizerte 39.327 7.781 2.112 27.500 1.934 Sousse 36.566 5.937 2.413 28.216 0 Kairouan 32.299 579 121 31.509 90 Ferryville 29.353 9.343 2.471 16.699 840 Gabès 22.512 1.276 272 20.808 156 Béja 22.208 970 862 20.273 103 M’Saken 21.804 39 2 21.762 1 Hammam-Lif 20.187 1.924 1.502 15.817 944
|