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De Tunisie et d'ailleurs
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La place d'Algérie à Houmt Souk, Jerba. C'est avec un peu de nostalgie que je viens vous raconter la place d'Algérie, à Houmt souk. C'est un lieu que je connais depuis longtemps et qui n'a guère changé pendant des années, je parle des années 1966 jusqu'à 2004. C'est l'arrivée des touristes terminant leur visite du " souk berbère ( le "souk lybien", en réalité) installé tout le long de la route du port qui a tout changé dans l'atmosphère qui régnait sur cette place. Imaginez 6 ou 7 vieux micocouliers au feuillage abondant encore pour la majorité d'entre eux ombrageant une place sur laquelle on arrive soit en venant du port, soit par la rue Ferjani comme le montre le plan que j'ai reconstitué de mémoire :
Sous les micocouliers, le patron du "café des Maltais" ( je l'ai surnommé " l'homme qui ne rit jamais") a installé la terrasse : quelques tables marron et bancales, pas de parasols, l'ombre des arbres suffit. Près de la porte du café, cinq ou six hommes jouent souvent aux dominos, toujours les mêmes hommes, des amis. Parfois, ils ne jouent pas, ils ne parlent guère non plus. Souvent, un handicapé vient les rejoindre avec sa voiturette rouge au mécanisme simple et ingénieux, un autre handicapé pose sa prothèse sur la chaise la plus proche après l'avoir détachée de sa jambe. Un crieur public passe et crie ses nouvelles, quelques mendiants, toujours les mêmes aussi, viennent quémander une pièce, ils passent de table en table, on leur donne quelquefois, ou on leur dit " Allah y noub" pour s'en débarrasser, mais, ils reviendront demain.
C'est le temps et le lieu où le verre de thé ou le coca cola coûte autant pour un Roumi que pour un Tunisien.
En face de la terrasse du café des Maltais, il y a la boutique de robes, de celles que portent tous les jours les femmes jerbiennes : des légères à manches courtes et en jolis tissus rayés, d'autres en velours, plus lourdes, avec de beaux plastrons cousus de filets blancs, des robes, enfin, destinées aux touristes et que viennent acheter en gros les revendeurs de la ville
De temps à autre, un homme traverse la place en tirant sa
remorque chargée de coffres qu'il a fabriqués et qu'il va étaler par terre, sur
le trottoir, ou livrer dans les boutiques
Sous un micocoulier déjà bien sec, un homme est assis là, tous les jours : il propose des poteries de Guellala aux rares touristes qui s'aventurent dans ce quartier. Quand il rentrera chez lui, dans la campagne, il regroupera ses poteries au pied de l'arbre, les recouvrira d'une bâche noire qu'il aura ficelée succinctement : il sait qu'il ne sera pas volé puisque ces poteries n'ont guère de valeur pour les Jerbiens et les touristes ne volent pas, la nuit, regroupés qu'ils sont dans leurs hôtels sur la côte.
En mai, des groupes d'enfants viennent du continent, accompagnés par le instituteurs : les enfants portent leurs plus beaux vêtements, ils ont un petit porte monnaie attaché autour du cou avec quelques pièces d'un dinar dedans, ils s'émerveillent devant les " trésors" proposés aux touristes et cherchent à acheter le souvenir qui plaira à maman ou à la petite soeur restées au bled
Et puis, le marché du jeudi a changé de place : il s'est organisé le long de la route qui va de la place d'Algérie jusqu'au port et les touristes sont arrivés en taxis, le jeudi matin, jusqu'au port, ils se sont mis à remonter à pied tout le marché et les taxis sont venus les chercher en fin de matinée au pied de la mosquée turque. "L'homme qui ne riait jamais " est mort et son fils a repris le café des Maltais. Pour ces deux raisons, tout
s'est mis à changer sur la place d'Algérie. :
Cependant, deux belles rencontres sont, pour moi,
attachées à ce lieu, la rencontre avec Lucien venu de Tunis pour nous voir et
bavarder avec nous
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